Edito de décembre 2018

Dribbler les populistes

On a souvent du Brésil une image riante : football et carnaval ! La réalité est pourtant bien plus diverse. Ce pays est l’un des plus violents au monde, et les inégalités y sont beaucoup plus fortes qu’en Europe. Ces tensions sont devenues telles que l’élection présidentielle qui s’est déroulée en octobre a été extrêmement polarisée, débouchant sur l’élection d’un homme politique, Jair Bolsonaro, sans envergure mais qui a séduit par un discours agressif et simplificateur envers les minorités.

Sa victoire est d’autant plus préoccupante qu’elle s’ajoute à d’autres. Aux États-Unis, aux Philippines, en Turquie, en Italie, des dirigeants s’imposent dans les urnes en utilisant les ficelles du populisme. Ils prônent des politiques brutales, excluantes, cherchant souvent à restreindre les libertés. Ils rejoignent d’autres dirigeants qui méprisent la démocratie, en Chine ou en Russie. Tous conçoivent les relations politiques et sociales comme un pur rapport de force.

Ces postures peuvent mettre en danger les relations internationales. Pour préserver la paix et trouver des solutions aux grands défis de ce XXIe siècle – changement climatique, migrations, révolution technologique –,
il faut pourtant que les États dialoguent et fassent des compromis. Heureusement, des dizaines de pays restent décidés à promouvoir et à faire progresser cette culture de l’échange, avec de nombreux autres acteurs – associations, pouvoirs locaux, organisations internationales… C’est aussi à chaque citoyen(ne) de la soutenir et de l’encourager.