Édito de novembre 2018

Trafic de migrants

Le parcours d’un migrant n’est pas un long fleuve tranquille. Quand il recourt à des filières clandestines, il s’en remet à des passeurs peu scrupuleux. Des enquêtes de police montrent que ces intermédiaires appartiennent à des réseaux transnationaux qui se livrent à un véritable commerce. Pour ces mafias, le trafic d’être humains est aussi payant que le trafic d’armes ou de drogue. Et lorsqu’un migrant arrive à son pays de destination, ces réseaux, souvent, l’exploitent en profitant de son statut irrégulier.

Cette réalité préoccupe les associations d’entraide, en France et en Europe. Comment apporter un soutien sincère à une personne dont on devine que certains, derrière elle, tirent les ficelles. Des organisations sont même accusées de faire, involontairement, le jeu des mafias. Il n’y a pas de réponse simple à cette situation extrêmement complexe.

La migration est un phénomène aussi ancien que l’humanité et il est vain de vouloir l’enrayer, d’autant qu’il se révèle souvent très enrichissant. L’accueil d’une personne en difficulté est un devoir, dès lors que la société est en mesure de l’assumer. Mais il ne faut pas nier les crispations que ces flux de populations provoquent. Et il est juste de lutter contre les mafias. Une des solutions est aussi d’aider les pays de départ à se développer et à assurer ainsi un meilleur avenir à leurs jeunes chez eux.