Édito mai 2018

Non-violence

La guerre en Syrie est l’un des plus grands drames humains actuels. Déclenchée il y a sept ans, elle a déraciné des millions d’habitants et fait plus de 350 000 morts. Le pays est effondré. L’État contrôle à peine la moitié du territoire et le reste est divisé entre des milices rivales. L’éducation est loin d’être assurée partout et beaucoup de civils dépendent de l’aide internationale pour manger ou se soigner.

La majorité de la population, bien sûr, aspire à la paix. Mais celle-ci est d’autant plus difficile à trouver que les Syriens ne sont pas les seuls à se battre. De nombreux pays interviennent en soutien de telle ou telle faction, voire pour leurs propres intérêts. Aucun ne s’est révélé jusqu’à présent assez fort pour imposer sa solution, et aucune coalition n’a su négocier une sorte de « paix des braves ». La tragédie se poursuit donc, scandaleuse et choquante.

Sept ans après les premières escarmouches, la leçon est criante : la violence armée est la pire solution pour résoudre des tensions internes. En Syrie, le pouvoir a réprimé avec une terrible dureté de premières manifestations qui étaient pacifiques, suscitant une révolte qui a très vite pris les armes. On comprend aujourd’hui qu’il aurait mieux valu que les opposants fassent preuve d’endurance et de résilience. La résistance non-violente a fait ses preuves dans de nombreux autres conflits dans le monde. En Syrie aussi, elle aurait pu porter du fruit.